*Le choix fermé*

Le choix fermé

Une autre astuce à utiliser avec précaution est celle du choix fermé. Celle-ci consiste à proposer une question avec deux propositions plutôt qu’une question ouverte.
Par exemple : au lieu de dire « Peux tu mettre ton pull s’il-te-plaît ? », au risque que l’enfant dise non, on lui dit « Veux-tu le pull bleu ou le pull rouge ». Le jeune enfant va donc répondre par l’une des propositions et aller mettre un pull.

Cette réponse s’explique par le fait que, en cas de choix fermé, le cerveau du jeune enfant n’est pas assez mature pour ajouter un troisième choix qui lui serait propre. De fait, si vous dites à votre enfant « On va dans la voiture ? » (question ouverte), il peut répondre « non » ; mais si vous dites « Tu veux monter dans la voiture de Papa ou celle de Maman » (question fermée), il répondra par l’une des propositions.
Exposée comme ça, cette astuce semble pouvoir résoudre bien des conflits… Et c’est justement le piège ! En y regardant de plus près, on peut très très rapidement tomber dans la manipulation. Vous demandez à votre enfant de venir manger et il vous dit qu’il ne veut pas… Vous lui proposez alors de manger dans l’assiette verte ou dans la jaune et il se met à table. Dans ce cas précis, on est en pleine manipulation de l’enfant pour le faire plier à notre volonté. Et l’enfant se retrouve à faire quelque chose pour laquelle il a pourtant dit non, sans même comprendre comment… On est loin du respect de l’enfant.
La deuxième faille de cette astuce, c’est que l’enfant, assez rapidement, va grandir. Son cerveau va se développer (ouf !) et il va devenir en mesure de créer un troisième choix, qui pourra être « Non ! ». A ce moment-là, si vous avez beaucoup utilisé cette technique, vous vous retrouverez bien embêté car il faudra mettre un place un nouveau système de communication basée sur le respect du « non » alors que vous étiez jusque là sur un système de manipulation.
Bref, vous ne ferez que repousser la problématique de l’enfant qui dit non.

En revanche, là où il est intéressant de connaître cette astuce, c’est pour les cas « d’urgence » ou lorsque les difficultés s’accumulent et qu’on ne se sent pas en état de faire face à une tempête émotionnelle de l’enfant sans crier, par exemple. Si les conflits sont difficiles à gérer pendant quelques temps, on peut sortir de la spirale en utilisant, avec parcimonie, cette astuce. Par exemple, si l’habillement est un calvaire et que l’enfant doit absolument être habillé, on peut l’utiliser le temps de trouver la cause du comportement de l’enfant et une alternative durable.

L’idéal étant de ne pas utiliser cette manipulation, comment adresser sa demande à l’enfant ? Eh bien, à mes yeux, l’honnêteté prime toujours. Par exemple : « Veux-tu monter dans la voiture, s’il-te-plaît ? On doit aller faire les courses. » – « Non ». -> « Je comprends que tu ne veuilles pas monter car tu es en train de faire *telle chose*, mais nous devons vraiment aller faire les courses. On pourra acheter ça et ça ». Si l’enfant pleure/crie, on accueille calmement ses émotions, on l’autorise à exprimer sa colère et on le réconforte. Plus un enfant est en mesure d’exprimer ses choix, qu’on puisse y répondre ou pas, plus une relation de confiance s’installera et plus il saura faire face à la frustration. Si on a, à chaque fois, évité la confrontation grâce à un choix fermé, on risque d’avoir du mal à gérer lesdites crises. Ce sera, bien sûr, possible mais ça demandera peut-être plus de temps.

Encore une fois, il est bon de se rappeler pourquoi on pense à une telle technique avant d’en faire usage. Notre enfant mérite que l’on n’utilise pas nos connaissances sur son développement cérébral à ses dépens.

Merci !

 

Isabelle

Publicités

3 réflexions sur “*Le choix fermé*

  1. Julie dit :

    Je prends plaisir a lire et apprendre de chaque article que vous écrivez mais j’aimerai savoir comment réagir une fois qu’on accueilli les emotions l’enfant (comme l’exemple des courses) mais comment faire si malgré tout il ne veut pas nous suivre ? Le porter et l’emmener ? Je me sens mal de l’obliger même en lui expliquant (il a 18mois) .

    J'aime

    • enfanceepanouie dit :

      Bonjour Julie et merci.
      Pour votre question tout dépend des possibilités. Ce qui fonctionne bien lors des courses, en prévention de la crise, c’est de donner des missions a l’enfant (tenir quelque chose, pousser un petit chariot…). Si une crise a lieu la première chose a faire est de se demander pourquoi. Par exemple s’il a faim on peur facilement donner un bour de pain.
      Ensuite si la crise dure et que l’enfant est vraiment inconsolable, il faut continuer a accueillir les émotions et a rassurer l’enfant jusqu’a ce que ça passe. On peut proposer des alternatives, lui expliquer ce qu’on va faite le reste de la journée, pour lui donner des clés pour passer au dessus. Et lui dire que vous le comprenez.

      J'aime

  2. Laetitia dit :

    Ah mince ! Je l’avais trouvée dans Filiozat et c’était plus pour donner le choix à la place d’imposer tout en restant dans les capacités cognitives de l’enfant.. donc je l’ai souvent utilisée pensant bien faire (notamment pour le choix des habits). Bon maintenant qu’il est plus grand (2.5) c’est des questions ouvertes depuis un moment puisqu’il les comprend, et ça se passe bien, ouf 🙂

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s