Non, je ne suis pas ‘laxiste’…

Education bienveillante, cnv, env, sans veo

Le qualificatif de « laxiste », cette abominable épée de Damoclès de tout parent, qui peut tomber à chaque rencontre familiale ou amicale, où l’Enfant ne serait pas d’accord avec son Parent et où l’on ne trouverait pas un terrain d’entente dans la minute… Un parent laxiste, et un enfant qui risquerait de se voir couronné à court ou moyen terme, ce fameux « enfant roi ».  Triste tableau. La peur de ce(s) qualificatif(s), le besoin de montrer au monde que l’on fait du bon boulot, que notre enfant est « bien éduqué », qu’il « sait se tenir » conduisent nombre de parents à s’égarer dans une relation autoritaire avec leur enfant… Ils vont régulièrement  l’enjoindre d’obéir, lui rappeler que « ce sont les parents qui décident »… Et comme ce n’est pas forcément intéressant pour l’enfant, se met en place tout un système de punitions et récompenses, lesquelles permettront de mieux modeler l’enfant à l’image que l’on souhaite qu’il incarne en société.

Mais le parent (s’)est aussi convaincu que c’est « pour son bien » et que ce serait le seul moyen de lui enseigner les valeurs fondamentales. Partant de ce postulat, tout parent souhaitant s’y prendre autrement avec son enfant semble fou, inconscient, ou tout simplement démissionnaire voire défaillant…

Le laxisme est servi à toute les sauces, mais c’est quoi au juste ?

Certains parents ne souhaitent pas une relation autoritaire avec leurs enfants, mais n’ont pas les clés pour s’y prendre autrement.  Peu respectés eux-mêmes dans leur enfance, ils n’ont pas appris à considérer leurs propre besoins. Ils souhaitent respecter la liberté de leur enfant mais s’oublient eux-mêmes… Et finalement, c’est une réponse opposée à un vécu mais pas assez murie pour accompagner un enfant de manière constructive.

D’autres parents n’ont pas spécialement réfléchi à leur manière d’accompagner leur enfant. Et par facilité, un certain laxisme peut s’installer, si le parent préfère passer du temps pour lui plutôt que s’occuper de son enfant. Les nounous-écrans en sont le parfait exemple.

Poussé à son paroxysme, le laxiste est le parent démissionnaire… Un parent tellement dépassé par ses problèmes personnels qu’il assure très mal voire plus du tout l’accompagnement de son enfant ;  un parent désengagé, ayant besoin d’aide.

L’enfant se sent alors livré à lui-même, à ses besoins d’expérimentation spontanés, dans un environnement non sécure. Il va chercher l’attention et l’affection par tout moyen, rarement efficaces…

A noter que ces « cases » sont fictives ; un parent lambda est souvent globalement autoritaire, mais il montre aussi  son affection, et parfois il est permissif. Un parent permissif aura parfois des accès d’affection ou d’autorité. Et il n’est pas rare qu’un parent vraiment à bout alterne entre phase de laxisme et de violence physique et morale.

Nous considérons que le laxisme est une violence éducative et ne répond vraiment pas aux besoins de l’enfant. Il est clair que la permissivité, comme toute violence éducative ordinaire peut s’inviter à tout moment lorsqu’un parent est fatigué ou en prise avec des problèmes personnels  importants. Ainsi chaque parent doit y être vigilant. La clé contre le laxisme, c’est d’identifier ses propres besoins, les écouter, et les exprimer.

Identifier, écouter et exprimer ses propres besoins, cela n’est pas évident si on n’a pas pu le faire depuis son enfance. Heureusement, nous pouvons apprendre à le faire. La Communication Non Violente consiste à la foi à communiquer soi de manière constructive envers les autres, mais aussi – et c’est personnellement le plus difficile – à recevoir le message de l’autre en le décodant et sans prendre pour soi les critiques qui ne sont en réalité que la mauvaise expression des besoins de l’interlocuteur ! Un  travail sur soi est ainsi nécessaire, consistant à retrouver davantage  d’estime de soi, bien souvent (très) émoussée (par toooutes ces violences éducatives)… Marshall Rosenberg, père de la Communication non-violente, considère que lors d’un conflit, lorsque chaque personne a identifié son réel besoin, la résolution se fait en 20 minutes !! Ça fait rêver, non ?

 

Dans notre idée de respecter nos enfants, et leur offrir une enfance épanouie, espérant leur donner les clés pour mener une vie autonome et elle aussi épanouie, nous bannissons toutes violences éducatives ordinaires.  Cela nous conduit donc à rejeter le système punitions récompenses, cela peut mener un parent qui ne mûrirait pas assez sa réflexion à une forme de permissivité, mais ce n’est pas le chemin que nous choisissons. Nos enfants sont écoutés, et nous nous écoutons nous même également ; nous lâchons prise pour ce qui n’est pas si important – et c’est propre à chacun – pour nous concentrer sur des règles essentielles, lesquelles seront établies pour tou.te.s, enfants et adultes, jeunes et vieux, hommes et femmes, et sur des consignes bien expliquées s’exprimant dans un espace-temps défini clairement.

 

Chloé

Pour aller plus loin :

L’enfant roi n’existe pas

Les violences éducatives ordinaires

Identifier, écouter et exprimer ses propres besoins  – en cours

Les bases de la Communication Non Violente – Conférence de Marshall Rosenberg (traduction FR)

Règles, consignes et interdits.

Le système punitions récompenses – en cours
*Le choix fermé*
*Chantage ou demande*
*Punition ou conséquence naturelle ?*

Éduquer sans récompense ni punition – Conférence de Marshall Rosenberg (traduction FR)

Rejoindre le groupe facebook : Pour une enfance épanouie, échanges et conseils

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