Cinq méthodes radicales pour en finir avec les caprices. La cinquième va vous étonner !

Parents, futurs parents, simples victimes collatérales qui êtes passés au moins une fois par une caisse d’hypermarché un samedi après-midi, vous le savez, nous sommes tous à la merci des caprices, que nous ayons des enfants ou pas.
Mais ça n’est pas une fatalité, et nous allons vous livrer dans les lignes qui suivent cinq secrets qui vous permettront d’esquiver les caprices aussi sûrement que Junior esquive les cuillerées de purée, que ce soit dans les magasins, en voiture, au restaurant, ou à la maison.

Portrait d'Edouard VI, prince de Galles à deux ans, Hans Holbein le Jeune.

Portrait d’Edouard VI, prince de Galles à deux ans, Hans Holbein le Jeune.

1. Dans les magasins

A tout seigneur, tout honneur, commençons par le plus connu de tous, le champion des caprices, le roi des caprices, le dieu des caprices : le Caprice des Dieux.

Créé en 1956 par Jean Noël Bongrain, le Caprice des Dieux est une marque de fromage à pâte molle à croûte fleurie, ce qui dit comme ça fait penser à un vrai fromage, avec les petits asticots et tout et tout, alors qu’en fait on dirait plutôt du savon. Du savon mou à croûte fleurie.

Jamais à court d’idées et histoire de se séparer de l’ivraie, Bongrain a l’idée d’en faire le premier fromage ovale. C’est le point de départ d’une communication parfaitement maîtrisée et ces efforts de différenciation (y compris du vrai fromage) porteront leurs fruits, puisque il se serait vendu plus de deux milliards d’unités depuis les origines, dans plus de cent cinquante pays, et que près d’un foyer français sur trois en planque un dans son frigo.

Donc pour éviter ce caprice il faut la jouer fine.
Fuir tous les commerces de bouche (sauf les fromageries bien sûr), mais aussi contourner de suffisamment loin la Haute-Marne, le Mâconnais et l’Anjou, où sont produites les savonnettes.
Bien sûr, si vous habitez un de ces coins, on ne pourra pas faire grand-chose pour vous. On a dit « radicales », pas « miraculeuses ».
Et il reste bien sûr le problème du foyer sur trois, mais bon c’est vous qui choisissez vos amis hein ?

2. En voiture

Evitez les États-Unis et l’Australie.

En effet, c’est en 1965 que Chevrolet lance la production de son modèle Caprice, production qui sera reprise par Holden, une autre division de General Motors, à partir des années 2000 (aux États-Unis, car Holden fournissait déjà la Caprice en Australie à partir de 1990).
Tout au long de sa production ininterrompue , la Caprice a été le modèle le plus cher et le plus luxueux produit par Chevrolet, et comme c’est Wikipédia qui le dit, c’est sûrement vrai.
Ce qui est sûr, c’est que ça n’est pas une voiture pour rigoler : le modèle 2016 est disponible en Alchemy Deep Purple, Caprice Alto Grey, Caprice Heron White, Caprice Phantom (!) et Caprice Silver Ice Metallic. Il n’y a pas Caprice Funky Canary, ni Caprice Hot Road Red. Tu parles d’une Caprice…

Du coup, si vous vous tenez éloignés des Amériques et des kangourous, peu de risques de la croiser.
Ah, gaffe aussi en Belgique ou dans les Pyrénées, j’en ai trouvé deux en vente sur internet.

3. Au restaurant

N’allez pas à Hong-Kong.
Et si vous allez quand même à Hong-Kong – et vous auriez raison, c’est terrible Hong-Kong ! – n’allez pas dîner au restaurant deux étoiles du Four Seasons, le Caprice.

En plus, franchement, ça serait gâché.
Déjà et d’une, est-ce qu’il est bien raisonnable de se cogner quatorze heures de vol pour aller à l’autre bout du monde et finir par manger « Le Loup de Méditerranée, Les Coquillages », « Le Turbot de Ligne de la Côte d’Opale, L’Artichaut » ou « L’Agneau de l’Aveyron, Polenta, Cèpes », alors qu’il y a tout un tas de petits restaurants qui servent des repas bien plus exotiques et bien moins chers tout autour ?
Et si ça ne vous suffit pas comme raison, la chouette vue de Hong-Kong, celle avec toutes les ampoules et tous les néons allumés, qui ne fait pas du tout penser au réchauffement climatique, c’est quand on regarde le Four Seasons depuis l’autre rive de la baie, pas quand on est dedans.

4. A la maison

Née en juin 1979, Virginie Gervais, est une actrice, euh, exotique comme on disait dans le temps, qui a tourné dans quelques films olé olé, avant de devenir une personnalité du petit écran. Tout ça sous le pseudonyme de Virginie Caprice.

Bon, normalement, pas de ça chez vous, sauf peut-être si il y a des hommes à la maison (13 ans, ça suffit) et que vous regardez dans l’historique de votre navigateur.
Mais ça faut pas.
Faut pas faire Ctrl H.

Vous l’avez fait ? J’vous l’avais dit. De pas le faire.
Bon, tant qu’on y est, si vous trouvez « spanking » dans l’historique, pas de panique, c’est sûrement un lien vers l’article « Spanking is counterproductive and dangerous » d’Alice Miller.
Sûrement.

5. En général

Ne faites rien.

Ou plutôt, ne cherchez pas à éviter les caprices, parce que les caprices, ça n’existe pas.

C’est une invention, une histoire pour faire peur aux parents qui font les courses, un complot ourdi par les bobos glutenophobes pour vous faire acheter des livres de parentalité « bienveillante ». D’ailleurs, Isabelle Filliozat et Super Nanny se connaissent et sont amies, la preuve elles allaient au ski ensemble en Vanoise quand elles étaient ados (ça, ça n’est pas Wikipédia qui le dit et on n’est vraiment mais alors vraiment pas sûrs).

Car non, un enfant ne fait pas de caprices. En enfant s’exprime, ou exprime des besoins, et nous, nous ne savons pas toujours bien interpréter la situation.

Il montre des bonbons, vous tire par la manche pour aller les voir ? Il va faire un scandale devant tout le monde ?
Pourquoi immédiatement penser qu’il va nous racketter d’un paquet de fraises Tagada, alors qu’il veut juste les regarder, parce qu’ils lui plaisent ?
Vous engueulez votre femme à chaque fois qu’elle s’arrête devant les villas de la vitrine de l’agent immobilier, quand vous revenez de la plage à Pornic ? Vous tirez votre mari par la capuche, quand il veut faire un détour par le rayon des smartphones, alors que son iPhone n’a que deux ans ?
Pourquoi alors ne pas simplement accompagner votre enfant, pour aller voir avec lui le jouet ou la friandise qui l’attire, lui dire ce que vous en pensez, en discuter avec lui ?
Vous pourriez être surpris.e du résultat.

Vous êtes au parc et il se roule par terre parce qu’il ne veut pas rentrer ? Tout le monde vous regarde ?
L’avez-vous prévenu, un peu plus tôt, qu’il lui restait encore le temps de faire un tour de tourniquet et deux descentes de toboggan ? Lui avez-vous dit que vous reviendriez demain, ou après-demain ? Ou êtes vous allé l’arracher à son occupation, sans sommation, parce qu’il « sait » que vous devez rentrer, et sans espoir de retour ?
En fonction de son âge, il a beau vous avoir écouté.e, et même vous avoir dit avoir compris qu’il fallait rentrer, cela ne veut pas dire que son cerveau, encore immature, a correctement assemblé tous les éléments, y compris le temps qui passe et l’heure qu’il est, qui sont des éléments terriblement abstraits. Un tour de tourniquet et deux descentes de toboggans, ça c’est du concret, du facilement quantifiable pour lui.
Vous non plus vous n’aimez pas qu’on vous fasse partir d’une soirée au beau milieu d’une conversation, quand vous vous amusez bien, et que Julia allait enfin raconter son dîner avec Tom, ou que Gégé expliquait comment il avait découvert que sa femme savait faire Ctrl H.
Alors posez vos sacs, mais pas trop loin hein, on ne sait jamais, et prenez votre enfant dans vos bras, réconfortez-le. Vous l’emmènerez à nouveau au parc, et il pourra à nouveau s’amuser, mais là on doit partir, et la prochaine fois, je te préviendrai pour que tu ne sois pas surpris.
Vous allez voir, vous pourriez être étonné.e. D’ailleurs on l’a mis dans le titre, c’était pas juste pour la blague.

Avant de tenter de résoudre un problème, il faut d’abord vérifier que ce problème existe.
Pas besoin de méthodes, car les caprices n’existent pas. C’est juste l’adulte qui ne sait pas bien comprendre l’enfant.

Ah, et on s’en moque, du regard des autres, car ce que vous allez faire ensuite avec votre enfant va les laisser sans voix.

Patrick

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16 réflexions sur “Cinq méthodes radicales pour en finir avec les caprices. La cinquième va vous étonner !

  1. ludibetty dit :

    Bonjour.
    Article très sympa mais je trouve très dommage de mettre Filliozat au même rang que Super Nanny. Dans les « émotions de l’enfant » Filliozat dit aussi que les caprices n’existent pas et qu’il est important d’écouter son enfant pour le comprendre. Elle insiste sur le respect. Tandis que les méthodes de super Nanny tout le monde les connaît….

    Aimé par 1 personne

  2. Micheline dit :

    Je trouve toutes ces astuces ou idées très intéressantes et susceptibles d’aider les parents ou grands parents. Au bout du compte, que ce soit avec son époux (se), un ami(e), le peuple ou son enfant, l’important est de savoir « communiquer » !

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  3. Mélanie dit :

    C’est surprenant !! Ça faitcdu bien de vous lire 🙂 Pour avoir de bons conseils a la fin, ça ne gâché rien !!
    Quand mes filles étaient petites, on allait tjrs au rayon jouet. Pour en sortir sans galère, je leur disait de dire aux revoir aux peluches, poupées… Et ça marchait a chaque fois !!!

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