2-Comportements pulsionnels/spontanés chez l’enfant – Mon bébé jette…

Avant de lire ce post, et si ce n’est déjà fait, nous vous invitons à lire l’introduction.

Mon bébé met dans la bouche, jette, ouvre les placards… que faire ?

La première chose à se dire c’est que tout va bien !! Dans les deux premières années de vie de l’enfant, vous serez énormément confrontés à ces différentes « périodes ». L’enfant ouvre et ferme les portes, s’approche de la prise, laisse tomber les objets (ou la nourriture) par terre… Et malgré vos « Non », il recommence… Et heureusement !

Ces actions, si elles sont volontairement effectuées par l’enfant, lui sont « imposées » par son « programme » de développement. Pour comprendre, il faut se mettre à la place de ce bébé qui arrive dans un monde dont il ne connaît rien, pas même les lois de la physique. Il ne sait pas qu’un objet qu’on lâche tombe, qu’une porte qu’on ferme cache un contenu, qu’un anneau sur un bâton ne sort plus de son axe, que ce qui rentre quelque part ne disparait pas… Alors il doit comprendre. Et pour comprendre, il doit expérimenter. Ces apprentissages sont indispensables à la compréhension du monde « extérieur » mais aussi à la construction de son être intérieur. Ainsi, un enfant qui peut expérimenter librement les actions de retenir/relâcher/contenir/retirer, aura toutes les cartes en main pour une acquisition de la continence sereine (si toutefois on le laisse libre de son acquisition : article en cours de préparation).

L’enfant a un esprit dit « Bayesien » : pour pouvoir conclure, le cerveau a besoin de répéter une action encore et encore pour récolter différentes réponses et établir des liens de cause à effet et de probabilités. Ainsi, un enfant va jeter un objet par terre jusqu’à ce que son cerveau ait assez d’information pour conclure « si je lâche un objet, il tombe ». Il va monter sur le canapé jusqu’à maîtriser parfaitement cette action et affiner son sens de l’équilibre…

Alors quelle réaction avoir ?

  • Le comportement n’est pas dangereux : laissez le faire. Quand il aura récolté assez de données, son attention se portera sur autre chose.

– Il ouvre les tiroirs ? : Laissez-en un à disposition dans la cuisine, avec des contenants en plastique bien connus ^^, des cuillères en bois, des couvercles… En plus de pouvoir ouvrir/fermer, enlever/remettre… il pourra utiliser les mêmes objets que vous : succès garanti (merci les neurones miroir !).

– Il monte et descend du canapé ? Accompagnez le dans cette découverte quand vous êtes disponible.

– Il empile ou enfile ? Prenez lui des jeux qui répondront à ce besoin (gigogne, encastrement…).

  • Le comportement n’est pas dangereux mais agaçant/salissant… ? Essayez de lâcher prise ou mettez en place des consignes simples le temps que la période passe (en mettant à disposition des alternatives) : S’il jette ses jouets, donnez lui des jeux qu’il peut jeter sans problème : balle en mousse, petits jeux légers… S’il renverse l’eau à table, rappelez -lui la consigne, surveillez, et proposez lui des jeux de transvasement à l’heure de la douche/du bain.
  • Le comportement comporte un danger :

– Prenez le temps de réfléchir à la nature du danger en question. Par exemple, votre enfant monte/descend les escaliers ? Est il plus judicieux de lui en interdire l’accès avec une barrière ou de l’accompagner dans cet apprentissage afin qu’il le maîtrise ? Quitte à mettre une barrière dans les moments ou vous n’êtes pas disponible pour le surveiller ? Il ouvre/ferme les placards et vous avez peur qu’il se coince les doigts ? Peut être pouvez vous surveiller pour que ça n’arrive pas, plutôt que mettre des bloc-porte ? Il se met debout sur sa chaise ? Demandez-vous pourquoi ? Pouvez-vous lâcher prise et le laisser faire en restant à côté ou souhaitez vous mettre en place une consigne « sur la chaise on s’assoit » ? Chacun son curseur en terme de « danger », nous n’avons pas tous la même capacité à lâcher prise ; en revanche il est bon de s’interroger sur la pertinence du danger.
– Le danger est réel et non négociable : c’est à vous d’assurer la sécurité de l’enfant.
Il veut toucher le four qui est brûlant ? Soit vous utilisez le four en dehors de sa présence, soit vous en bloquez l’accès. Il est, de toute façon, trop petit pour retenir son envie de toucher le four de façon certaine. En revanche, proposez lui une alternative afin que son exploration puisse aller au bout : présentez-lui des jeux avec des objets tièdes à froids pour qu’il perçoive réellement la notion de chaleur (une bouillotte, un glaçon, du métal, du coton…). Il souhaite seulement jouer avec la porte du four ? Trouvez lui une petite cuisine ou laissez le ouvrir la porte quand le four est froid (sous surveillance). Encore une fois, quand l’enfant aura assouvi son besoin spécifique à faire cette action, il s’arrêtera de lui-même.

Quelles explications donner ?

Lorsque vous donnez les explications face à une action qu’il vous semble utile d’interrompre, restez constant. En effet, le cerveau de l’enfant étant « Bayesien », votre réaction va aussi faire partie de l’expérimentation globale. Si vous donnez à chaque fois la même réponse à un comportement donné, le cerveau enregistrera plus rapidement cette réponse comme acquise. Par exemple, votre enfant jette sa cuillère par terre et vous lui dites « la cuillère reste sur la table s’il te plaît »,  vous devrez rappeler cette consigne autant de fois que nécessaire. Si vous commencez par expliquer, puis faire les gros yeux, puis vous énerver, puis punir… en y allant crescendo ; votre enfant aura à chaque fois une réponse différente et ne pourra pas conclure. Il va donc recommencer, sans doute en vous regardant, voire en rigolant (ce qui aura le don de vous énerver car vous aurez l’impression qu’il vous nargue – alors que pas du tout). Donc restez, si possible, constant et calme.

Pour la formulation de vos explications, je vous renvoie aux articles sur la négation et sur les règles.

Pour conclure, essayez toujours de réfléchir à une alternative sécurisée afin que l’expérimentation puisse être concluante pour l’enfant. C’est le seul moyen non-violent pour qu’il passe à autre chose.

Enfin, gardez bien en tête que votre enfant ne contrôle pas son engouement pour ces actions. Il ne fait pas ces choses car elles sont interdites mais parce qu’il en a besoin. C’est fondamental pour un développement harmonieux. Vous ne pouvez qu’être garant de leur sécurité et leur proposer de quoi découvrir le monde. Vous verrez que ces « périodes » sont plus ou moins longues, plus ou moins investies… et si vous prenez le temps d’observer votre enfant en action, vous serez probablement ébahi 🙂

Isabelle

Pour aller plus loin : « Mon enfant mord, tape… que faire ? » (en cours de rédaction)

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