Listing des violences

La Violence Éducative Ordinaire regroupe toutes les violences, d’intensités différentes, qui semblent communément admises car elles auraient des vertus « éducatives ». Le terme VEO  fait référence aux travaux d’Olivier Maurel, et d’Alice Miller auparavant.
Pour mieux les comprendre, nous vous invitons à vous référer à la liste (non exhaustive) de ce document. Cette liste n’est pas à prendre comme une vérité absolue ou comme une injonction. C’est le fruit d’une réflexion du groupe, elle est donc en constante évolution .

Les violences éducatives ordinaires

 

Les violences physiques :

Fesser, gifler…
Donner une tape sur la main
Bousculer l’enfant/le pousser/le tirer/ tirer les oreilles/les cheveux…
Secouer
Tenir les joues
Mordre, pincer
Laisser pleurer seul
Forcer à goûter/à manger/à finir son assiette
Priver de dessert
Empêcher d’aller aux toilettes
Empêcher de boire/ de manger
Prodiguer des soins sans prévenir, par derrière (nettoyer le visage/moucher)
Mettre un enfant sur le pot avant qu’il ne le demande
Conditionner l’enfant à la continence
Allaitement et/ou repas de l’enfant sans prendre en compte sa faim mais en fonction de notre horaire décidé à priori (refuser à un enfant de manger / le forcer à manger)

Les violences psychologiques :

Crier
Faire la grosse voix, « hausser le ton »
Faire les gros yeux
Faire peur, effrayer
Réprimander
Brimer
Mettre au coin
L’isolement temporaire (sur une chaise, dans les escaliers…)
L’isolement forcé
Créer un tableau d’appréciation du comportement de l’enfant via des visuels (lion des couleurs, points, croix…)
L’indifférence (dont ignorer l’enfant en détresse émotionnelle quelque soient ses comportements, marquer volontairement une indifférence)
Pousser l’enfant à pleurer/provoquer les pleurs de l’enfant volontairement
Les privations
Punir
Menacer
Faire du chantage
Rabaisser
Humilier
Insulter
Se moquer
Rire quand l’enfant est en détresse
Donner des surnoms humiliants/blessants
Donner des récompenses
Comparer les enfants
Mentir
Cacher des choses impliquant l’enfant
Ne pas écouter l’enfant
Ne pas arrêter de chahuter/chatouiller quand l’enfant le demande
Ne pas respecter son intimité: entrer dans sa chambre sans y être invité, lire son courrier, ses comptes sur les réseaux sociaux, changer la couche de l’enfant devant tout le monde…
Critiquer ses amis, ses goûts devant lui
Lui faire faire des promesses
Se placer en autorité toute puissante (adultisme)
Confisquer le doudou/ la tétine/ jouets/ téléphone
Mettre des étiquettes (positives ou négatives)
Avoir des attentes qui ne concordent pas avec le développement de l’enfant
Le forcer à mettre les habits que l’on choisit au lieu de respecter ses goûts
Le forcer à mettre sa veste/ bonnet… sans marge de manœuvre (explications, expérimentation du froid…)
Forcer un enfant à rester nu sur la plage alors que ce dernier a clairement exprimé son refus d’exposer son corps.
Forcer un enfant à s’habiller alors qu’il souhaite être nu, dans la mesure du possible.
Réveiller brusquement, lumière vive, bruit, chatouilles
Empêcher l’enfant de dormir sous unique prétexte qu’il doit “se lever tôt/à l’heure” sans réelle obligation.
Jeter les jouets de l’enfant sans son accord
Jeter/menacer de jeter les jouets de l’enfant sous prétexte qu’ils ne sont pas rangés

Les violences culturelles :

Les violences culturelles mêlent souvent violences physiques et psychologiques et posent un problème par rapport au consentement de l’enfant et à son choix libre et éclairé.
Imposer notre vision homme/femme
Imposer notre religion et des coutumes
Imposer notre athéisme
Imposer nos valeurs (“c’est bien”/”c’est mal”)
Imposer notre régime alimentaire
-> Précision pour ces termes : il est important de transmettre nos valeurs (on ne peut d’ailleurs pas faire autrement puisque l’enfant baigne dans notre environnement), c’est le fait de les imposer si l’enfant choisit une autre voix qui est considéré comme une violence.
Percer les oreilles d’un enfant sans son consentement éclairé et réfléchi
Circoncire sans son consentement éclairé et réfléchi
Forcer à demander pardon/à s’excuser
Forcer à faire la bise/à se laisser embrasser
Forcer à faire un câlin/à se laisser câliner
L’exposer sur internet/dans nos conversations sans son consentement (photos, vidéos, récit « intime »)

Les « douces violences »

Le terme de « Douces Violences » est largement développé dans les ouvrages de Cristine Schuhl. Ce sont des comportements en apparence anodins, mais qui, répétés, peuvent être délétères pour l’enfant.
Donner des surnoms (monstre, bulldozer, petit diable…)
Utiliser du second degré alors que l’enfant n’est pas capable de le comprendre
Presser l’enfant dans toutes ses activités
Faire à sa place car on le trouve trop lent
Parler devant lui à la troisième personne sans l’inclure dans la discussion
Parler à l’enfant ou de soi en utilisant la 3ème personne : « Léo a fait ça » en parlant à Léo ; « Il est où papa » prononcé par papa.
Le mettre devant la tv/console/tablette pour avoir la paix
Utiliser un parc/lit cage alors que l’enfant a besoin de se mouvoir
Utiliser systématiquement la poussette avec un enfant qui demande à marcher
Parler devant l’enfant dans une langue étrangère ou épeler des mots pour qu’il ne comprenne pas et soit exclu de la conversation.
Empêcher un bébé de se mouvoir librement à cause de ses vêtements/chaussures.
Forcer à rester à table pendant le repas

Les maltraitances

Nous complétons cette liste par celles des maltraitances, tout en gardant à l’esprit que la limite entre les deux est parfois inexistante et ne doit en aucun cas minimiser les dégâts causés par les VEO. Toute maltraitance observée doit conduire à protéger l’enfant.
Coups portés avec un objet
Coups répétitifs
Coups de pied/coups de poing
Isolement long/répété
Douche froide
Punition par mise à nu de l’enfant
Négligence
Privation de nourriture
Punir au pain sec et à l’eau
Privation de soin
Privation d’affection
Emprise
Humiliations
Insultes
Surnoms humiliants/insultants
Viol
Attouchement sexuel
Atteinte sexuelle
Excision NB.
Les parents maltraitants ne sont pas que violents, ils se montrent aussi “aimants” et pensent souvent éduquer leur enfant. Les enfants maltraités « aiment » leurs parents et peuvent chercher à les protéger. Cela ne rend légitime aucune maltraitance et ne doit jamais vous empêcher de signaler les faits au 119 et/ou à la gendarmerie/police.

Les violences médicales

Les violences à but « médical » font l’objet d’une page spécifique.
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